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Nous n’avons plus de nom.
Nous n’avons plus de patrie.
Nous sommes les restes du silence.
Les chiffres d’un ordre oublié.
Nous sommes Les Bannis.
Entrée discord réservée aux sans-âmes
memento mori.
Nous n’avons pas de nom.
Seulement un numéro.
Un murmure sans voix inscrit dans l’oubli.
Ainsi tombent nos identités,
comme des étoiles mortes sans éclat.
Nous ne parlons pas fort.
Nous ne revendiquons rien.
Nous passons dans l’ombre des lunes et la rouille des stations,
comme des ossements glacés glissant entre les failles du réel.
Autrefois, nous étions quelque chose.
Aujourd’hui, nous sommes ce qui reste.
Déchus. Silencieux. Entiers.
Nous ne laissons ni trace, ni plainte.
Seulement du froid.
Et l’idée que quelque chose est passé.
Quelque chose que l’on ne verra plus jamais.
Nous sommes Les Bannis.
Nous sommes ceux que l’on a effacés.
Ceux qu’on a réduits au silence, puis oubliés.
Mais le silence n’efface rien — il conserve.
Nous avons laissé nos noms aux flammes,
nos visages aux cendres,
et nos pitié aux vivants.
Nous ne demandons rien.
Nous ne promettons rien.
Nous frappons sans gloire,
et disparaissons sans trace.
Car nous ne sommes pas là pour régner,
ni pour sauver, ni pour prouver.
Nous sommes là pour rappeler…
qu’il existe des ombres qu’aucune lumière ne dissout.
Un chiffre nous remplace.
Un serment nous lie.
Un oubli nous protège.
Nous sommes Les Bannis,
et même les étoiles détournent le regard.
Je renonce au nom,
à la chair,
à l’histoire.
Je renonce à la lumière,
aux chants des vivants,
et aux illusions d’avenir.
Je prends le froid pour manteau,
l’oubli pour patrie,
et le vide pour seul témoin.
Je deviens le chiffre.
Je deviens l’effacé.
Je suis Banni.
Mon souffle ne laisse pas d’écho.
Mon passage ne trace pas de sillon.
Ma parole est cendre,
mon acte est scellé.
Que l’espace m’efface.
Que le silence me garde.
Car je suis des leurs,
et jamais plus des vôtres.
