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IRPM Industries est une corporation polyvalente et ambitieuse, fondée par quatre leaders visionnaires : INJAD, RAYNfantasio, Matsu89 et Pietro. Unissant leurs forces et leurs compétences.
Rejoignez nous : Discord.Nom de l’Organisation : IRMP Industrie
Devise : “Bâtir pour l’avenir, sécuriser pour la prospérité.”
Fondateurs : Injad, Raynfantasio, Matsu89, Pietro
Fondée en : 2948
Quartier Général : ArcCorp – Area 18 à destination de NYX
Admin : Apo, Pietro, Wockball et Injad
IRMP Industrie est une entreprise dynamique et polyvalente, fondée par quatre leaders ambitieux : Injad, Raynfantasio, Matsu89, et Pietro. Unissant leurs compétences et leur passion pour l’univers de Star Citizen, ces fondateurs ont créé une organisation qui excelle dans plusieurs domaines clés, tout en rejetant fermement la piraterie. Leur objectif est de devenir une force majeure dans l’univers en offrant des services variés, innovants et éthiques.
Histoire et Mission :
Fondée en 2948, IRMP Industrie s’est rapidement fait une place dans le paysage galactique grâce à une approche innovante et une solide éthique de travail. Basée à Area 18 sur ArcCorp, l’organisation se concentre sur cinq axes principaux :
Exploitation Minière :
Sous la direction de Pietro, ingénieur émérite, IRMP est spécialisée dans l’extraction de ressources rares et précieuses. En utilisant des infrastructures et des outils de pointe, cette division assure un flux constant de matériaux cruciaux pour le commerce galactique.
Exploitation d’Épaves :
Grâce à l’expertise de Raynfantasio en exploration, IRMP est également active dans la récupération de technologies et de matériaux à partir d’épaves spatiales. Cette activité permet à l’organisation de récupérer des ressources précieuses tout en évitant les dangers potentiels.
Commerce et Transport :
Matsu89 était en charge du commerce et du transport chez IRMP. Il supervise la logistique de l’organisation, s’assurant que les marchandises et ressources collectées sont acheminées en toute sécurité à travers les systèmes stellaires. Grâce à lui, les convois d’IRMP sont connus pour leur efficacité et leur fiabilité, jouant un rôle crucial dans les échanges galactiques.
Exploration :
Explorateur né, Raynfantasio conduisait les équipes d’IRMP vers des systèmes inexplorés, à la recherche de nouvelles opportunités. Son sens stratégique permet de découvrir des ressources rares tout en évitant les menaces potentielles.
Sécurité Interne et Externe :
Injad est le maître de la sécurité chez IRMP. Il supervise les opérations de défense, formant et dirigeant des équipes d’élite pour protéger les actifs de l’organisation. Sur demande, IRMP propose également ses services de sécurité à l’UEE et à ses alliés.
Philosophie et Valeurs :
Chez IRMP Industrie, l’innovation et la résilience sont au cœur de chaque mission. L’organisation repose sur des valeurs solides : loyauté, excellence, et collaboration. Chaque membre d’IRMP est encouragé à s’épanouir tout en contribuant au succès collectif. L’éthique est une priorité, avec une politique stricte contre toute forme de piraterie, garantissant que toutes les opérations sont menées de manière responsable.
Vision pour l’Avenir :
Avec leur devise, “Bâtir pour l’avenir, sécuriser pour la prospérité”, IRMP Industrie ne se contente pas d’être une simple entreprise industrielle : elle vise à laisser une empreinte positive et durable dans l’univers de Star Citizen. Que ce soit par l’exploration de nouveaux mondes, la sécurité des routes commerciales, ou l’innovation technologique, Injad, Raynfantasio, Matsu89, et Pietro sont prêts à relever les défis de demain.
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NMX UNDERGROUND — IRMP INDUSTRIES
“Les gens les plus dangereux de Nyx sont ceux qui ont arrêté d’avoir peur.”
COLD OPEN — LE PORT ORBITAL DE NYX
Le néon « NMX Underground » grésillait au-dessus du bar comme un moteur sur le point de rendre l’âme.
Dans le port orbital de Nyx, personne n’y prêtait vraiment attention. Entre les cargos rafistolés qui crachaient encore de la fumée noire en se posant, les dockers épuisés qui juraient dans quatre langues différentes et les pilotes qui négociaient à grand bruit avec des contrôleurs aériens manifestement indifférents à leur survie — le vacarme faisait partie du décor. Comme la rouille. Comme l’odeur de carburant froid mélangé à du café industriel. Comme les cadavres de machines qu’on démontait à la lampe torche en plein milieu d’un couloir de trafic.
Nyx.
Pas l’endroit où on vient pour réussir. L’endroit où on vient quand on a déjà tout essayé ailleurs.
La caméra trembla légèrement lorsque Rook arracha son micro des mains d’un technicien à moitié endormi sur une caisse de fret.
— On est en direct ?
Le technicien cligna des yeux.
— Plus ou moins.
— C’est-à-dire “plus ou moins” ?
— Si la station explose pas dans les dix prochaines minutes, ça devrait tenir.
Rook soupira. Il regarda le plafond, le néon qui grésillait, les dockers qui ne regardaient même pas dans leur direction.
— Parfait. Techniquement, c’est déjà mieux que la semaine dernière.
Il fit signe au caméraman.
Le voyant rouge s’alluma.
Rook afficha immédiatement son sourire de charognard professionnel — le genre de sourire qu’on développe après avoir interviewé trop de gens armés dans des endroits sans loi d’extradition.
— Heeeey Nyx ! Ici Rook pour NMX Underground. Aujourd’hui on va parler d’IRMP Industries. Oui. Les récupérateurs industriels complètement dérangés qui pensent qu’une épave radioactive est une “opportunité commerciale sous-exploitée”. Les artisans de l’impossible qui fabriquent des trucs dont vous ne voulez pas savoir l’origine, qui minent des champs que personne d’autre n’ose approcher, et qui ont décidé, un jour, que s’installer à Nyx c’était… une bonne idée.
Derrière lui, un cargo IRMP manqua de peu d’écraser un conteneur de fret avant de se poser dans une gerbe d’étincelles spectaculaire.
Rook observa la scène. Quelques secondes. En silence.
Autour de lui, personne ne bougea.
— …et visiblement nos invités viennent d’arriver.
ACTE I — L’ATELIER DES IMPOSSIBLES
L’intérieur du hangar sentait le métal chauffé, le carburant froid et le café industriel beaucoup trop concentré — le genre de café qui sent plus le goudron que le grain. Des étincelles traversaient l’air par intermittence. Une alarme lointaine sonnait depuis au moins vingt minutes sans que personne daigne aller l’éteindre.
Au fond de l’atelier, au milieu d’un chaos de caisses ouvertes, de pièces non identifiées et d’un nombre inquiétant d’outils brûlés, deux silhouettes travaillaient dans ce qui ressemblait de loin à une collaboration productive et de près à une guerre froide à peine déguisée.
Belphegor réparait un assemblage métallique à la patience fatiguée d’un homme qui a déjà survécu à trop de catastrophes industrielles pour en avoir encore peur. Il ne parlait pas. Il ne regardait pas la caméra. Il travaillait, avec la précision lente et méthodique de quelqu’un qui sait exactement combien de fois il a dû recommencer parce que l’autre avait « amélioré » son travail entre-temps.
Moycan, lui, était assis sur une caisse métallique à un mètre de là. Manifestement très occupé à commenter le travail des autres.
Rook s’approcha prudemment.
— Donc vous êtes… Tic et Tac ?
Moycan pointa Belphegor du doigt sans hésiter.
— Lui c’est Tac.
Belphegor leva à peine les yeux.
— Et lui c’est la raison pour laquelle les notices de sécurité existent.
— Vous faites quoi, exactement, dans IRMP ?
— On fabrique des trucs, répondit Moycan.
— Quel genre de trucs ?
Silence.
— Des trucs utiles, dit Belphegor.
— Des trucs très utiles, précisa Moycan. Surtout quand t’as rien d’autre et que tu dois improviser.
— Improviser à partir de… ?
Belphegor haussa une épaule.
— Ce qu’on trouve. Ce qu’on récupère. Ce que Pietro ramène de ses expéditions, quand c’est encore en un seul morceau.
— Ce qui arrive pas souvent, ajouta Moycan.
— Ce qui arrive jamais, corrigea Belphegor, mais on fait avec.
Rook regarda autour de lui. Les tables couvertes de composants. Les structures à moitié montées. Les objets dont il était incapable de deviner la fonction finale.
— Et ça marche ?
Moycan sourit.
— Presque toujours.
— Presque ?
Belphegor reposa son outil une seconde.
— Dans ce métier, “presque” c’est honnête.
Rook acquiesça.
— Vous travaillez ensemble depuis longtemps ?
— Trop longtemps, répondit Belphegor.
Moycan afficha un sourire plus large.
— Faut le comprendre. À son âge, déjà réussir à monter les escaliers du hangar sans assistance médicale c’est une victoire quotidienne.
Le marteau de Belphegor s’arrêta net.
Il resta immobile quelques secondes.
— Continue de parler et je t’inscris personnellement à l’EHPAD.
— Tu saurais même plus retrouver ta chambre.
Même les techniciens autour commencèrent à rire.
Belphegor soupira sans relever la tête. Pas de la résignation. De l’expérience.
— Un jour je vais vraiment le jeter dans un sas.
— Ouais mais avec ton dos ça prendra deux voyages.
Un bruit métallique énorme résonna quelque part dans le hangar.
Personne ne réagit.
Rook cligna des yeux.
— C’était quoi ça ?
— Prototype, dit Moycan.
— Qui a raté ou qui a marché ?
Belphegor et Moycan échangèrent un regard.
— Les deux, répondit Belphegor. C’est souvent les deux.
ACTE II — L’HOMME AUX RELEVÉS
Des équipes circulaient dans tous les sens autour d’un énorme morceau de coque arraché à une épave encore fumante. Personne ne portait de combinaison de protection complète. Ce détail, à lui seul, en disait long sur les standards de sécurité d’IRMP Industries.
Au milieu du chaos, Pietro ne regardait même pas la caméra.
Il était occupé à analyser des relevés miniers projetés sur un écran fissuré dans trois coins différents, tout en tenant une bouteille opaque remplie d’un liquide vert dont la couleur n’existait dans aucune gamme de boissons commerciales connues.
Rook s’approcha.
— Pietro. On raconte que ton dernier scan minier a déclenché une évacuation complète d’un avant-poste.
Sans lever les yeux des relevés, Pietro prit une longue gorgée.
— Techniquement c’était une réaction géologique imprévue.
— Pietro, y’a eu une explosion visible depuis la base orbitale.
Cette fois, Pietro releva enfin la tête.
Il réfléchit une seconde.
— Ouais… mais assez rentable pour financer 10 litres de jus de Techa. Donc globalement positif.
Un énorme bruit métallique retentit derrière eux.
Personne ne réagit.
Rook cligna des yeux.
— Vous vous inquiétez jamais, ici ?
— Si. Quand y’a plus de jus de Techa.
Rook regarda la bouteille.
— C’est quoi exactement ce truc ?
Pietro abaissa la bouteille. Regarda Rook. Regarda la bouteille. La rangea dans sa veste.
— Un secret industriel.
ACTE III — L’HOMME QUI VEND TOUT
Plus loin dans le hangar, des techniciens chargeaient des containers dans un Hercules couvert de brûlures noires qui auraient dû le clouer au sol dans n’importe quel autre système. Rook s’approcha pour regarder les caisses défiler sur le tapis de chargement.
Médicaments. Générateurs de secours. Filtres à eau. Semences sous vide. Rations longue durée.
Il s’arrêta.
Ce n’était pas la cargaison qu’il attendait.
Adossé à une pile de caisses avec l’aisance naturelle d’un homme qui a appris très tôt que la meilleure position dans une pièce c’est celle d’où on voit tout le monde sans que personne vous voie vraiment, Papa M’Baalé surveillait plusieurs écrans de transactions commerciales. Des chiffres défilaient dans ses lunettes tactiques. Des coordonnées. Des noms de stations. Des systèmes que Rook ne reconnut pas tous — certains n’apparaissaient sur aucune carte commerciale officielle.
Rook s’installa face à lui.
— Papa M’Baalé ?
L’interpelé déconnecta avec une rapidité ahurissante les informations qu’il étudiait, empêchant Rook d’en voir plus.
— L’unique mon gars ! Surnommé Gold Hand dans certains systèmes et autrement dans d’autres, mais c’est secret professionnel (il agita son bras mécanique aux reflets d’or patiné) Qu’est-ce que je peux pour toi, un besoin, une envie ? Oh ! Je vois ! T’as l’air d’avoir besoin de batterie lithium Ion 5g pour ton matos non ?
Rook regarda son caméraman un peut surpris de le voir hocher la tête, puis reprit ses esprits
— Oui… Enfin non ! Non, justes quelques questions. Commencçons, commençons par une questions simple. À quel moment un marchand devient-il riche dans Nyx ?
Le capitaine cargo ricana. Pas le rire de quelqu’un à qui on vient de dire quelque chose d’amusant. Le rire de quelqu’un à qui on vient de poser la mauvaise question.
— Quand les autres deviennent désespérés.
— Ça sonne vaguement illégal.
— Non. Illégal c’est quand y’a des preuves.
Rook éclata de rire.
— Je crois que je commence à comprendre pourquoi les douanes de Stanton vous détestaient.
Papa M’Baalé ne cligna pas des yeux.
— Stanton déteste tout ce qui gagne de l’argent sans verser 75 % de taxes. Et moi, je fais en sorte d’obtenir une grâce administrative concernant ces taxes, c’est pour ça qu’elles me détestaient, me détestent, et me détesterons toujours, fils. Et tant que ça dure… Je prends ça comme un compliment professionnel.
Il retourna à ses écrans. Rook, lui, retourna vers les caisses. Il en souleva une étiquette. Destination : un avant-poste minier sous blocus partiel depuis trois semaines dans la ceinture externe.
— Ces containers-là… ils vont où exactement ?
Silence.
Pas le silence de quelqu’un qui cherche sa réponse. Le silence de quelqu’un qui décide combien il veut en donner.
— Là où on m’a demandé de les amener.
— Sous blocus ?
— Le blocus concerne les armes et le carburant militaire. Rien dans mes manifestes n’entre dans ces catégories.
— Et si on vous arrête ?
Papa M’Baalé leva enfin les yeux de ses écrans. Il regarda Rook avec l’expression patiente d’un homme qui a déjà eu cette conversation — avec des douaniers, des pirates, des officiers de corporations, et probablement avec lui-même à trois heures du matin dans un cockpit vide.
— On m’a jamais arrêté.
— Jamais ?
— J’ai des amis. Dans beaucoup d’endroits. Des gens à qui j’ai rendu service, à qui j’en rendrai d’autres. Dans ce métier, la monnaie d’échange la plus solide c’est pas les crédits.
Il marqua une pause imperceptible.
— C’est la mémoire des gens.
Rook regarda une dernière fois les caisses défiler. Les générateurs. Les filtres. Les médicaments.
— Donc vous faites ça pour l’argent.
Papa M’Baalé avait déjà les yeux sur ses écrans.
— Évidemment.
Il dit ça avec la sérénité absolue d’un homme qui sait exactement ce qu’il fait et qui n’a aucune intention de vous le confirmer.
ACTE IV — LES ANGLES MORTS
Le hangar de sécurité était plus calme.
Trop calme.
Le genre de calme qui ne signifie pas l’absence de danger mais simplement l’absence de gens qui n’ont pas leur place ici.
Injad nettoyait méthodiquement une arme posée sur une table métallique, les gestes précis et réguliers de quelqu’un pour qui c’est moins un travail qu’un rituel. APOCALYPSIS_MILITUM vérifiait plusieurs trajectoires de convois sur un écran tactique sans lever les yeux.
Rook hésita sur le seuil.
— Je vais poser la question que tout Nyx se pose…
Personne ne répondit.
Personne ne leva les yeux non plus.
— Vous êtes toujours aussi flippants ou c’est juste quand y’a des caméras ?
APOCALYPSIS_MILITUM releva les yeux. Pas la tête. Juste les yeux.
— Ça dépend.
— De quoi ?
— Du nombre de gens armés dans le hangar.
Rook regarda autour de lui.
Tout le monde était armé.
— Ah.
Injad remonta lentement la culasse de son arme.
— Dans Nyx, les angles morts doivent le rester.
Le silence dura quelques secondes. Pas un silence gêné. Un silence fonctionnel, habité, le genre qu’on laisse s’installer quand on a dit ce qu’il y avait à dire et qu’on n’a aucun intérêt à rajouter quoi que ce soit.
Puis une explosion résonna au loin dans la station. Sourde. Lointaine. Significative.
Rook sursauta.
Personne d’autre ne bougea.
Papa M’Baalé passa tranquillement devant le hangar, les yeux sur ses écrans.
— Pietro teste encore ses nouvelles mines ?
— Ouais, dit Injad sans lever la tête.
— Rentable ?
— Apparemment très.
Papa M’Baalé hocha la tête. Il disparut dans le couloir.
Rook regarda la fumée monter derrière les docks.
— Bordel… vous êtes vraiment impossibles.
Injad ne répondit pas. Il reposa l’arme. Il en prit une autre.
ACTE V — LES ORIGINES
(voix off, images d’archives)
Hangar trop petit. Lumières qui clignotent. Vieux écussons IRMP encore collés sur des portes métalliques qu’on n’a jamais eu le temps de remplacer.
Area 18.
Pas l’endroit où on pense que naissent les grandes histoires industrielles. Et pourtant.
Rook posa la question à Pietro, assis sur la même caisse de fret qu’en début de journée, bouteille de Techa à la main, relevés toujours ouverts devant lui.
— IRMP a commencé comment, exactement ?
Le mineur ricana doucement.
— Comme toutes les mauvaises idées. Avec un hangar trop petit et des gens qui manquaient d’argent.
— Area 18 ?
— Ouais. À l’époque personne voulait récupérer les contrats pourris. Les champs d’épaves trop loin. Les minerais instables. Les routes commerciales secondaires que tout le monde évitait parce que le ratio risque-bénéfice donnait des sueurs froides à n’importe quel comptable normalement constitué.
Il haussa les épaules.
— Nous on prenait tout.
— Même les contrats suicidaires ?
— Surtout les contrats suicidaires. C’étaient les seuls qui payaient correctement.
Une alarme retentit quelque part derrière eux.
Personne ne réagit.
— Et les fondateurs ? Injad était déjà là ?
Pietro prit une longue gorgée.
— Injad gérait déjà la sécurité comme si toute la galaxie voulait nous tuer.
— C’était pas le cas ?
— Pas encore.
Rook éclata de rire.
— Et les autres ?
Le regard de Pietro resta fixé quelques secondes sur les cargos au fond du hangar. Une fraction de seconde de quelque chose qui ressemblait à de la nostalgie, rapidement reclassée dans la catégorie des sentiments non productifs.
— Raynfantasio trouvait des routes que personne connaissait. Des épaves. Des stations abandonnées. Des secteurs où même les assurances refusaient d’envoyer des drones d’évaluation.
— Et Matsu89 ?
Cette fois Pietro sourit franchement.
— Lui arrivait à vendre n’importe quoi à n’importe qui. Je suis presque sûr qu’il aurait pu revendre une porte de sas brûlée comme artefact historique. Il aurait été ami avec Papa M’Baalé s’ils s’étaient connus à l’époque. Ils auraient été dangereux ensemble.
— Ça sent le vécu.
— C’EST du vécu.
ACTE VI — POURQUOI NYX
La caméra coupa brutalement. Elle reprit dans une autre partie du hangar.
Lumière rouge. Caisses de munitions empilées jusqu’au plafond. Injad terminait de vérifier un second fusil posé sur la même table métallique — le premier avait disparu quelque part entre les deux plans.
Rook hésita avant de s’approcher.
— Alors. Pourquoi quitter Stanton ?
Injad ne répondit pas tout de suite.
Le cliquetis métallique de l’arme résonna dans le silence.
— Parce qu’on étouffait.
Simple. Sec. Le genre de réponse qui ne cherche pas à convaincre parce qu’elle n’a pas besoin de le faire.
— ArcCorp rapportait de l’argent. Mais tout appartenait déjà à quelqu’un. Chaque route. Chaque contrat. Chaque minerai. Chaque dock. Tu pouvais bosser. Tu pouvais même bien gagner ta vie. Mais tu bossais toujours dans un espace que quelqu’un d’autre avait défini avant toi.
Il verrouilla le chargeur.
— Donc Nyx c’était… la liberté ?
Injad releva lentement les yeux.
— Nyx c’était des angles morts.
— C’est-à-dire ?
— Dans Stanton, tout le monde regarde ce que tu fais. Les corporations. Les assurances. Les régulateurs. Les concurrents. Dans Nyx, les gens regardent surtout comment survivre au lendemain.
Il remit calmement son arme sur la table.
— C’est plus honnête.
ACTE VII — CE QUI RESTE
(voix off Rook, images : cargos IRMP quittant les docks un à un dans la nuit industrielle)
Une partie des équipages a refusé de suivre. D’autres ont rejoint des organisations plus importantes. Plus grandes. Mieux capitalisées. Moins susceptibles de vous envoyer sur un champ de mines non cartographié avec comme seule instruction “ramène ce que tu trouves”.
Raynfantasio et Matsu89 ont fini par prendre d’autres routes. Plus grandes corporations. Plus gros contrats. Moins de risques officiellement.
L’image montra un ancien patch IRMP accroché dans un cockpit usé. Quelqu’un l’avait gardé. Aucun commentaire là-dessus.
Retour sur Pietro.
— Ils manquent à IRMP ?
Le mineur regarda quelques secondes les cargos disparaître dans l’obscurité de Nyx.
— Ouais.
Silence.
— Mais les routes changent. Pas les gens.
FERMETURE — NYX, NUIT INDUSTRIELLE
Retour sur Rook.
Debout au milieu du port orbital. Le vent faisait vibrer les immenses structures métalliques. Au loin, les moteurs bleutés des convois IRMP illuminaient la nuit industrielle de Nyx par intermittences régulières — comme un pouls.
— IRMP Industries n’a peut-être pas la flotte des grandes corporations. Pas leurs lignes de crédit. Pas leurs équipes de communication. Pas leurs protocoles de sécurité validés par dix-sept comités différents.
Il regarda les cargos disparaître un à un dans l’obscurité.
— Mais dans un système où tout le monde essaye de survivre au lendemain, il aide d’avoir des gens capables de transformer des épaves, des catastrophes industrielles et des décisions objectivement douteuses en quelque chose qui ressemble, de loin, à un avenir rentable.
Il se retourna vers Pietro.
— Dis-moi Pietro… c’est quoi exactement ton truc là ? Ce fameux jus de… Techa ? C’est comme ça que tu dis ?
Pietro ouvrit la bouche pour répondre.
Mais Injad fut plus rapide.
— Non.
Le silence tomba immédiatement dans le hangar. La bonne sorte de silence — celle qui précède quelque chose ou qui vient juste d’y mettre fin, impossible de savoir.
Puis Injad reprit, avec ce qu’on pouvait, si on était optimiste, appeler un léger sourire :
— Pietro. Gardons quand même quelques secrets industriels.
Pietro opina lentement du chef. Reprit une longue gorgée de son liquide vert. Et reporta immédiatement son attention sur les relevés miniers projetés devant lui — comme si la conversation n’avait jamais existé, comme si elle n’avait jamais eu la moindre chance d’exister.
Rook regarda tour à tour les deux hommes.
— Donc c’est illégal.
— Non, répondit Injad.
Petit silence.
— Pas officiellement.
Le logo de NMX Underground apparut quelques secondes à l’écran avant de disparaître dans une avalanche de parasites rouges.
Au loin, les moteurs des cargos IRMP s’allumèrent un à un dans la nuit industrielle de Nyx.
Et malgré le vacarme, malgré les alarmes, malgré les explosions et les types armés dans chaque couloir — les docks continuaient de vivre.
Comme ils avaient toujours vécu.
Par nécessité.
NMX UNDERGROUND — émission #47 “Nyx ne pardonne pas. Elle oublie juste plus vite.”
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